Ercé la patrie des montreurs d'ours

Le nom de ce petit village est étroitement lié à l’histoire des montreurs d’ours, qui jusqu’avant la guerre de 14-18 ont sillonné les campagnes et les villes occidentales jusqu’aux grandes cités industrielles d’Amérique centrale où certains s’installèrent et firent fortune.

Au XIXe siècle, les habitants de la vallée ne sont pas riches, ils vivent essentiellement de monoculture fourragère, élèvent quelques vaches et cultivent de manière intensive la pomme de terre qu’ils font venir sur des terrasses aménagées à 1400m d’altitude.

Face à la poussée démographique et à une importante crise frumentaire liée à une épidémie qui touche la pomme de terre dans les années 1845, les hommes doivent partir chercher du travail dans les vignobles de l’Aude ou pour les moissons en Espagne.

ErceVillage
 

 

 

 

 

 

 

C’est aussi à ce moment qu’apparaît, essentiellement sur les communes d’Oust, d’Uston et Ercé, une industrie nouvelle: celle des dresseurs d’ours.
On estime à 200 le nombre des dresseurs et montreurs d’ours de la vallée en 1880 dont 50 dans le seul village d’Ercé qui parait-il compte à cette époque une école de dresseur d’ours.

 

 

 

Pourtant les ariégeois de la vallée du Garbet ont davantage l’habitude de chasser que de dresser l’ours à qui l’on attribue des pouvoirs magiques… mais ces orsalhers, au début produits de la misère d’une époque, sont vite très fiers de cette nouvelle activité bien qu’ils vivent le plus clair de leur temps sur les routes et dorment avec leur ours dans des granges ou à la belle étoile. Ils gagnent à l'époque plus qu’un instituteur, soit 4000 francs par an.

Si bien que dans le hameau de Cominac ils font édifier une petite église.
Le 6 mars 1906, alors que le percepteur et ses adjoints décident, dans le cadre de la loi de séparation de 1905, de venir faire l’inventaire des biens mobiliers de cette petite paroisse, l’abbé Pascal Mirouze accompagné de quelques montreurs d’ours et de leurs animaux fétiches, leur en interdisent l’entrée !

 ErceOurs

A l’âge de 6 mois on commence à enchaîner ces oursons et la technique de «la ferrade» consiste à faire placer par un forgeron qui fait la tournée des villages un anneau métallique dans le museau des animaux.
Ensuite une muselière complète ce système de sécurité et le dresseur apprend en quelques mois à «Martin» déjà socialisé les quelques tours qui feront le succès de son spectacle.

 

 

Les lettres qu’ils envoient à la famille restée au Pays sont souvent émouvantes car ces ariégeois n’ont jamais quitté leur vallée et ils se retrouvent sur un vaste continent inconnu avec pour tout compagnon de fortune leur ours.

Au début il s’agit d’une émigration temporaire et fortune faite, chacun, sauf exception revient au pays.
Aujourd’hui on ne les voit plus guère et ceux nés la-bas ne reviennent plus.
Pour en savoir plus: le site d'ariege.com

 

Aujourd'hui la situation est attristante:
Pendant des millénaires les ours ont fait partie de la faune locale. Au cour de l'histoire le dressage des ours a contribué à l'enrichissement de beaucoup de familles d"Ercé. Il a aussi largement contribué à l'extinction des ours pyrénéens.

Ironie de l'histoire, c'est aussi dans notre région que se trouvent aujourd'hui les plus fervents opposants à la ré-introduction des ours.

 

 

Réservez maintenant    > réserver <